Histoire du Suriname

L’histoire du Suriname Remonte à 3000 ans avant JC

L’arrivée des premiers Amérindiens

Les deux plus grandes tribus présentes sur cette zone étaient les Arawaks, des nomades vivant de chasse et de pêche sur la côte, suivis par les Caraïbes qui s’installèrent sur l’embouchure du Maroni. Plusieurs tribus habitaient la forêt tropicale à l’intérieur des terres, dont les Akurio, les Trió, les Wayarekule, les Warrau et les Wayana.

Occupation européenne

Les premiers Européens

Les premiers débarqués au Suriname furent les commerçants néerlandais, ils arrivèrent dans la partie aujourd’hui connue sous le nom du Guyana, et fondèrent la colonie d’Essequibo, (appelée Pomeroon). Celle-ci fut détruite par les indiens et les espagnols en 1596. Ces commerçants s’installèrent alors en 1613 sur une île (« Kyk-over-al ») située dans l’estuaire, à 25 kilomètres de l’océan, sur la rivière Mazaruni juste avant le confluent avec la rivière Essequibo. Ils étaient menés par Joost Van der Hooge, membre de la confrérie Bentvueghels. Ce site fut choisi car il facilitait le commerce avec la population locale. Il fut baptisé du nom de «Nova Zeelandia», évoquant la Zélande, partie la plus au sud des Pays-Bas.
Van der Hooge construit ensuite un nouveau fort, sur le site d’un vieux fort portugais, plus proche de l’océan, sur une île appelée Fort Hoog, ou « Fort Kyk-over-al »,  qui devint en 1621 l’un des sièges de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Plus tard, en 1638, il devint le siège de la section zélandaise, et fut baptisé « Nouvelle-Zélande », tout comme la colonie, où l’on cultivait cacao, indigo et coton, avec des colons de Middelburg, Veere et Flessingue.

L’un de ses successeurs de Jan Van der Goes

Abraham Van Pere amena plus d’habitants de sa province de Zélande à Kykoveral en 1624. Ce commerçant  s’installa sur la rivière Berbice en 1627, et bâtit Fort Nassau à 50 miles à l’intérieur des terres.
La colonie, habitée de façon permanente dès 1624, eut pour premiers gouverneurs Adrian Groenewegen (1616–1624), qui épousa une arawak, puis Jacob Conijn (1624–1627) et ensuite Jan van der Goes (1627–1638), suivi par Cornelis Pieterszoon Hose (1638–1641) et Andriaen van der Woestijne (1641–1644).

La colonie d’Essequibo abandonnée en 1657

Malgré l’arrivée des esclaves à Pomeroon-Supenaam, amenés par David Nassy, les implantations hollandaises du Guyana furent abandonnées en 1664, elles n’avaient qu’un seul moulin à sucre.

Colonie britannique

Une autre colonie fut fondée en 1630 par des Britanniques sous le commandement du capitaine Marshall. Ils tentèrent de cultiver du tabac, sans succès.
En 1650, Anthony Rowse fuit l’île de la Barbade avec 100 planteurs et 2000 esclaves pour fonder un fort «Willoughbyland», après avoir négocié avec les chefs amérindiens. Cinq cent plantations de sucre où travaillaient 1000 blancs, rapidement rejoints par des juifs venus d’Europe et du Brésil, sont assez vite mises en place (voir Histoire des Juifs aux Caraïbes ) . Mais le parlement rend cette transaction illégale. Dès mai 1650, la flotte de l’amiral Georges Ayscue menace la Barbade, fief des royalistes catholiques. En 1661, à la restauration de la Monarchie, le roi Charles II invalide la loi de 1651 et donne une patente à la colonie britannique, nommée Willoughbyland et son fort (Fort Willoughby).

Arrivée des Néerlandais

Des Néerlandais envahissent la colonie le 27 février 1667, sous le commandement d’Abraham Crijnssen, avec l’aide d’esclaves marrons cachés dans la jungle, particulièrement nombreux dans la région. Ils mettent la main sur Fort Willoughby et le rebaptisent Fort Zeelandia. Le 31 juillet 1667, Britanniques et Néerlandais signent le traité de Breda, qui laisse l’ancienne colonie néerlandaise de la Nouvelle-Amsterdam aux premiers, et le Suriname aux seconds. Willoughbyland est baptisée «Guyane néerlandaise».

Traité de Westminster

Le Traité de Westminster de 1674 entérine cette situation après la troisième Guerre anglo-néerlandaise qui voit la Grande-Bretagne reprendre puis perdre le Suriname et les Pays-Bas reprendre New Amsterdam en 1673. En 1675, les Néerlandais votent des lois pour protéger les droits des amérindiens du Suriname, auxquels sont assimilés les marrons, le tout afin de pacifier le territoire. En 1682, une société du Suriname remplace la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, elle est propriété commune de celle-ci mais aussi de Cornelis Aerssen et de la ville d’Amsterdam.Le Suriname est à nouveau occupé par la Grande-Bretagne en 1799, après que la France eut envahi les Pays-Bas et fondé la République batave. Il fut par la suite libéré en 1816 après la défaite de Napoléon Ier.

Abolition de l’esclavage

L’agriculture se développa tout au long du 18ème  siècle, essentiellement grâce au travail des esclaves. Nombres d’entre eux fuyaient les mauvais traitements subis sur les plantations et s’évadaient dans la jungle (ils étaient alors appelés noirs marrons, djukas ou bakabusi nengre), d’où ils revenaient fréquemment pour lancer des attaques. Leur territoire formait une sorte de tampon entre les colonies européennes, le long de la côte et des fleuves, et les tribus indigènes de l’intérieur des terres.
Les Pays-Bas abolirent l’esclavage en 1863 mais les esclaves ne furent libérés qu’en 1873. Entre temps, les planteurs avaient fait venir de nombreux travailleurs des Indes orientales néerlandaises, essentiellement des Chinois. Après 1873, on fit venir également des Indiens, jusqu’à ce que Mohandas Gandhi parvienne à mettre fin à cette pratique en 1916.

Indépendance

Le Suriname obtint son indépendance en 1954, à l’exception des domaines de la défense et des affaires étrangères dont les Pays-Bas conservèrent le contrôle. En 1973, le gouvernement local entame des négociations avec le gouvernement néerlandais en vue de l’indépendance, qui devient officielle le 25 novembre 1975. Johan Ferrier fut le premier président du Suriname indépendant, avec Heck Arron, du Parti national du Suriname, comme Premier ministre. Les Pays-Bas mirent alors en place un programme d’entraide doté d’1,5 milliards de dollars qui dura jusqu’en 1985. Un tiers de la population quitta le Suriname pour émigrer vers les Pays-Bas.

Source : Wikipédia