Politique et économie

Le Suriname: un état démocratique

Constitution de 1987

Le pays est une démocratie régie par une constitution établie en 1987. Le corps législatif est l’Assemblée nationale, composée de 51 membres élus tous les cinq ans. L’assemblée nationale élit le chef de l’exécutif, le président, par une majorité des deux tiers. Si aucun candidat n’atteint une telle majorité, le président est élu par l’Assemblée du peuple, une institution de 340 personnes composée de l’Assemblée nationale et de représentants régionaux.

 Le Suriname est membre de la Caricom, le marché commun caribéen.

Récapitulatif:

  • Le 25 novembre 1975 : l’indépendance est adoptée par le parlement surinamais. Le gouvernement est celui de Henck Arron sous lequel commence un exode, notamment des Hindoustanis vers les Pays-Bas.
  • Le 25 février 1980 : le pays assiste au coup d’État militaire mené par le sergent Desiré Bouterse.
  • Le 8 décembre 1982 : a lieu l’assassinat de 15 opposants du régime militaire. Ceci a pour conséquence directe la cessation du versement de l’aide au développement par les Pays-Bas. L’économie s’effondre et le pays subit une accélération de l’émigration vers les Pays-Bas.
  • En 1986 : Les Bush Negroes se révoltent, conduits par Ronnie Brunswijk, un des gardes du corps de Bouterse. Et c’est le début de guerre civile. Une trentaine de civils sont massacrés par les forces gouvernementales dans le village Bush Negroe de Moiwana, proche de la frontière avec la Guyane française. Le Suriname fait alors l’objet d’une grande pression internationale afin de se diriger vers un processus de démocratisation.
  • Le 21 juillet 1989 : Un accord de paix est signé, celui de Kourou avec les Bush Negroes.
  • Le 24 décembre 1990 : Désiré Bouterse reprend le pouvoir, de manière presque anecdotique ; en demandant simplement au Premier ministre de quitter son poste.
  • En 1991 : Bouterse s’efforce de gagner le soutien de la population, mais il perd les élections présidentielles qui sont remportées par  Ronald Venetiaan. La démocratie est rétablie et les Pays bas reprennent à nouveau les aides financières et économiques.
  • En 1996 : c’est Jules Wijdenbosch qui est élu président de la République.
  • En Mai 2000 : Ronald Venetiaan revient au pouvoir en remportant les élections présidentielles.
  • Le 12 août 2005 : Ronald Venetiaan est réelu pour un autre mandat, réussissant à bénéficier d’une coalition de 8 partis (soit 29 députés sur 51).
  • Le 1er décembre 2007 : commence le procès des auteurs présumés des « assassinats de décembre », du massacre de Moiwana. Desiré Bouterse, devenu entre temps le principal chef de l’opposition, fait partie de la liste des suspects mais refuse de se présenter devant le tribunal.
  • En 2010 la population du Suriname a atteint 520 000 habitants, outre de nombreux étrangers (environ 40 000 Brésiliens, 10 000 Haïtiens…); et outre quelques 350 000 émigrés aux Pays-Bas environ.
  • En Mai 2010 : les élections présidentielles placent la coalition de Désiré Bouterse en tête mais sans majorité absolue. Celui-ci est néanmoins élu président de la République en juillet 2010.

Situation économique

Depuis 2008 le Suriname connaît une situation macroéconomique favorable avec une croissance de 6 %, résultat de la politique de stabilisation menée depuis 2000 après le galvaudage de l’époque du gouvernement de M. Wijdenbosch, en 2008. Cette croissance devrait poursuivre une courbe favorable sur les prochaines années. Le pays a connu une amélioration certaine des réserves de change et une quasi-stabilité du dollar surinamais. L’année 2009 s’est terminée avec une diminution des prix de 1%. Il y a eu une baisse d’activité dans le secteur de la bauxite (aluminium), du fait de la crise mondiale, mais cette baisse reste compensée par l’activité aurifère intense et l’augmentation du prix de l’or.

L’économie surinamaise est de petite taille avec un PIB d’environ 2,8 Md US$. Elle repose principalement sur quelques matières premières :

  • bauxite (le Suriname est le 10ème producteur mondial)
  • or
  • pétrole

Ces trois industries extractives représentant 30% du PIB,

  • crevettes
  • banane
  • bois
  • riz

L’agriculture

Dans une proportion moins importante le secteur de l’agriculture se maintient à près de 10% du PIB, et les exportations de banane ont doublé de valeur entre 2002 et 2008, grâce à une restructuration de la société de production, la Stichting Bahoud Bananen Sector (SBBS). Cette société représente le premier employeur du pays embauchant prés de 2000 travailleurs. Les plantations du Suriname, à la différence de celles des Antilles, sont à l’abri des cyclones. Le riz, exporté sur le marché régional de la CARICOM, et la banane bénéficient d’un accès libre de droits au marché européen, grâce à l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union européenne.

Produits pétroliers

Le Suriname s’auto suffît en produits pétroliers. Il existe une compagnie d’Etat, la Staatsolie Maatschappij Suriname (Staatsolie), qui raffine les deux tiers de la production et en exporte une partie sur les pays de la CARICOM. Paradoxalement, le Suriname fait partie de l’initiative PetroCaribe lancée par le Venezuela.

Télécommunications

En matière de télécommunications, la téléphonie fixe a un taux de couverture plus faible que la téléphonie mobile (48%). Le câble sous-marin « Americas 2 », qui dessert le Suriname et ses voisins, a une capacité limitée, mais un nouveau câble a été installé entre les Caraïbes et la Guyane, avec une boucle desservant le Suriname.

Service public

Le secteur public représente un certain poids dans la mesure où il concerne environ 120 entreprises publiques qui emploient plus de 40000 personnes. Une nette croissance des réseaux d’essence, de gaz, des télécommunications, et dans une moindre mesure de l’eau et de l’électricité ont été enregistrées. En mars 2009, un cabinet international a analysé le système de rémunération des emplois publics et a conclu à une hausse générale des salaires de la fonction publique accordée de façon rétroactive à partir de janvier 2008. Ceci a incité le FMI (Fond Monétaire International) à conseiller un report de la réforme en cours du service public.

La réduction de la dette publique

Elle est relativement remarquable. L’aide des Pays-Bas, prévue par le traité d’indépendance, interrompue durant la dictature, et qui s’est poursuivie après l’élection de M. Venetiaan, en 1991, est équivalente à un total de 1,6 Md €.
En 2001, afin de permettre au pays de se restructurer et d’éponger sa dette, les Pays-Bas ont accordé au Suriname leur garantie à un emprunt d’un montant équivalant à 137,7 Md € contracté auprès de la Banque Néerlandaise d’Investissement pour le Développement (NTO). Le Suriname a remboursé par anticipation en juillet 2007. Grâce à l’aide néerlandaise, le Suriname a pu régler les arriérés d’une dette bilatérale importante avec le Brésil. La réduction de la dette publique est relativement remarquable : celle-ci est revenue de 39% du PIB en 2004 à 21 % en 2007, puis à 18% fin 2008 et a atteint, selon le FMI, 16% à la fin 2009.

Autre ressource

Les envois de fonds des surinamais émigrés installés aux Pays-Bas, qui représentent environ 120 Md€ par an, soit près de 7 % du PIB sont une autre ressource importante pour le pays. On estime que 47% des familles Surinamaises, notamment les familles hindoustanis et créoles, ont des parents à l’étranger. Les envois de fonds proviennent essentiellement des Pays-Bas (85%), mais aussi des Antilles néerlandaises (4,5%), des Etats-Unis (5,5%) et d’autres pays encore. Les banques (ABN-AMRO, la banque postale) et des opérateurs spécialisés, tels Western Union (660 bureaux aux Pays-Bas) sont les principaux acteurs de ces envois côté néerlandais. Du côté surinamais, les banques (RBTT), Western Union (30 bureaux dans le pays) et les « Cambios », maisons de change souvent informelles et particulièrement nombreuses à Paramaribo, redistribuent cette manne. Les paquets envoyés par la poste, (aliments, vêtements ou plus rarement d’électroménager), reste une pratique usuelle. Les Surinamais émigrés aux Pays Bas se concentrent dans les principales villes : 70000 à Amsterdam, 53000 à Rotterdam, La Haye et Almere.

L’avenir économique du pays

Cet avenir dépend beaucoup de la capacité de l’Etat à s’engager durablement dans une politique de réformes, à la fois sur le plan monétaire et fiscal, ainsi qu’au niveau d’une réduction du secteur public. Le gouvernement a entamé un programme de privatisation bien que l’économie soit encore très étatisée, dans les domaines des transports aériens, maritimes et terrestres, des télécommunications, des banques, du secteur bananier, rizicole et forestier, et des entreprises pétrolières.

Des projets d’exploitation d’or et de pétrole

Les perspectives économiques à moyen et long termes (jusqu’en 2013) sont intéressantes car elles prévoient la mise en exploitation  de nouvelles mines d’or et de bauxite dans la province de Nassau Est. Des projets d’exploration pétrolière en vue de la mise en valeur de gisements pétroliers off-shore devraient également voir le jour dans les prochaines années.

Cependant, l’on constate que malgré le peu de développement de l’économie, le Suriname gagne le pari d’attirer les investissements étrangers directs.